RDC : Denis Mukwege candidat à la présidentielle de 2023

Les révélations sur l’avenir en politique du docteur Denis Mukwege sortent de partout. Sur Twitter, nombreux annoncent la candidature de Mukwege à la prochaine présidentielle de 2023. Légitime en tant que citoyen de ce pays, jouissant de la plénitude de ses droits comme d’aucuns. Sa candidature annoncée se greffer à trois d’autres, celles d’Augustin Matata Ponyo, de Félix Tshisekedi et de Martin Fayulu. Il est indéniable que la liste s’étirera dans les prochains jours et mois, expression démocratique obligeant.

En réalité, la candidature du Prix Nobel de la paix est attendue depuis bien longtemps, nombreux de ses fidèles l’ayant déclaré à maintes occasions, tant au pays qu’à l’étranger. L’estime du patron de l’hôpital de Panzi s’abreuve justement dans son œuvre autour de l’aide apportée aux femmes victimes de viol consécutif à l’insécurité permanente depuis plus de deux décennies dans l’Est de la RDC. De même que Denis Mukwege s’est distingué ces derniers temps dans des prises de position civiles en faveur du retour de la paix au pays et de la justice en faveur des victimes des violences diverses.

Danger

L’homme est devenu une sorte de mythe par ce combat civil qui lui a justement valu la distinction honorifique internationale. Toute la crainte maintenant est de voir ce mythe s’effondrer sur le plateau de la politique sur lequel il a choisi de s’exprimer désormais. La prudence aurait voulu que le docteur maîtrise d’abord son secteur de prédilection – la santé et la société civile – avant de se jeter dans un saut périlleux. Fraiche encore dans nos mémoires, la savante observation de Jean de Dieu Nguz – a – Karl I Bond à Mgr Monsengwo à l’époque.

En rapport avec son engagement politique, notamment à la Conférence nationale souveraine, l’ancien Premier ministre de l’époque avait affirmé : « Peut-on se jeter dans une piscine pleine d’eau, et espérer en sortir sec ? ». En se jetant dans la politique aujourd’hui, le docteur Denis Mukwege s’expose à des attaques d’un autre genre. Ici tous les coups sont permis, mais surtout il faudra même marcher sur les intérêts de ceux que l’on prétendait protéger hier. Sur le terrain politique, l’intérêt populaire n’est pas toujours le fil conducteur de l’action du dirigeant, l’exposant à la désapprobation générale.

Bien plus, les intérêts de ses administrés ne concordent pas toujours avec ceux des faiseurs de roi qui ont parrainé son accession au pouvoir. A preuve, l’écart entre le discours de l’administration américaine et son action dans l’Est de la RDC. En somme, on risque de se mettre au dos la population ou les puissances mondiales. Dans le premier cas, l’on perd tout le prestige qui a caractérisé le dirigeant ; dans le second, le coup de force serait la moindre récompense, autrement c’est l’assassinat ! D’où l’importance de la prudence face aux sollicitations des Occidentaux pour des responsabilités politiques, surtout lorsqu’on ne justifie nullement de l’expérience avérée dans ce domaine. D’aucuns en avaient payé un fort prix dans l’histoire.