Villa Likasi n°2, ce qui coince Zoé Kabila, c’est la loi

Le déguerpissement de l’ancien gouverneur du Tanganyika est une opération régulière conforme aux textes. Le jeune frère de Joseph Kabila Kabange n’est pas en ordre avec l’administration en matière d’habitat. La villa reprise par l’État n’a jamais été désaffectée, ce qui complique tout processus de réclamation du concerné.

Des jeeps de la police militaire ont été aperçues mardi matin devant la villa jadis appartenant faussement à Zoé Kabila Mwanza Mbaka, sise sur Likasi n°2 dans la commune de la Gombe à Kinshasa. Il s’agit d’un déguerpissement forcé décidé par le ministère de l’Urbanisme et habitat. Au terme d’intenses investigations et après recoupement auprès des services de l’Urbanisme et habitat, il s’avère que “c’est plutôt Zoé Kabila qui a entrepris de spolier le patrimoine de l’État en s’attribuant des faux documents sur une maison qui appartient à l’armée congolaise”.

Ni acharnement, ni politisation, la villa appartient aux FARDC

Contrairement à l’historique retracée par les avocats de l’ancien gouverneur du Tanganyika Zoé Kabila, les documents officiels établissent que la villa sise Likasi n°2 est effectivement un bien de l’État. Documents produits in tempore non suspecto qui présentent, en premier lieu, l’inventaire des immeubles du patrimoine de l’État dressé à l’époque par les ministères des Travaux publics, Aménagement du Territoire et Urbanisme et Habitat, et publié dans le Journal officiel daté du 1er novembre 2013, où la maison de l’avenue Likasi n°2 est reprise au nombre des unités de logements du quota de l’armée. “En 2013, le régime Kabila avait toute possibilité de régulariser son dossier, mais il ne l’avait pas fait. Étonnant qu’il n’ait pas protesté, à son temps, contre l’inventaire pour faire valoir ses droits sur la Villa querellée”, fait observer un expert en urbanisme. Il s’agit, en deuxième lieu, du répertoire réalisé 5 ans plus tard, soit en décembre 2018 par l’ancien ministre de l’Urbanisme et Habitat, l’ultra-kabiliste Joseph Kokonyangi Witanene. Lui aussi avait, à son temps, repris la villa Likasi dans le quota de l’armée. Rien que l’existence de ces deux documents a poussé le ministère de tutelle à s’interroger sur l’authenticité des titres de propriété exhibés par les avocats de Zoé Kabila, qui sont manifestement dans le faux et usage de faux.

Avant Zoé, Okitundu et Egwake furent déguerpis sans résistance

Présentée comme une propriété légale du jeune frère du président de la République honoraire par ses avocats, puisque ces derniers ont même brandi un tas de documents pour étayer leurs arguments et accuser le ministère de l’Urbanisme et habitat géré par Pius Muabilu d’acharnement, la villa que l’Etat a récuperé mardi 23 août 2022 n’est pas une propriété particulière, mais plutôt un domaine de l’État. “C’est triste que ce jeune ex-gouverneur pourtant réputé bon gestionnaire après son passage aux commandes de la province du Tanganyika se retrouve dans une telle irrégularité que celui de la spoliation du patrimoine de l’État”, s’est exclamé un avocat étonné de voir ZK persister dans le mal.

D’après les services du ministère de l’Urbanisme et Habitat, “Pius Muabilu entreprend seulement de faire respecter la Loi en se référant aux actes de gestion du domaine et aux pièces valables lui léguées par ses prédécesseurs”. Avant Zoé Kabila, Pius Muabilu Mbayo avait déjà réussi à déguerpir tour à tour Léonard She Okitundu, ancien ministre des Affaires étrangères et Omer Egwake, ancien ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’habitat. Les deux n’avaient opposé aucune résistance au regard des normes de l’Etat en la matière. A cette liste, il faut ajouter Shadary et Kokonyangi.

Ce qui manque à Zoé, c’est l’acte officiel de désaffectation

Selon plusieurs sources à l’Urbanisme et habitat , “l’acte d’acquisition auprès d’un certain Kondo, brandi par les proches de Zoé Kabila sur cette maison de l’Etat n’a aucune crédibilité. Ensuite, cette maison était occupée par la famille du général Kondo (ex-Faz)”, révèle la même source qui poursuit que “cette villa était dans le quota FAZ (FARDC). Il était donc impossible qu’on puisse la vendre”, estime-t-elle.
Au demeurant, “Zoé Kabila ne détient qu’une série d’actes incohérents et irréguliers caractérisés par l’absence d’un acte officiel de désaffectation”, signalent des sources judiciaires plus crédibles. Conscient qu’il fait partie de spoliateurs régulièrement notifiés de l’irrégularité de leur occupation et du déguerpissement annoncé, “Zoé Kabila n’est pas à ce jour en mesure de brandir un arrêté de désaffectation légal”, indique mechack Mandefu, directeur de cabinet adjoint du ministre Pius Muabilu.

La parcelle située sur Likasi 2 est reprise parmi les unités des logements de l’État. Cette situation date de plusieurs années depuis la remise et reprise entre les portes feuilles et l’urbanisme. “Nous avons trouvé ça. Il n y a pas de règlement de comptes comme le prétend certaines personnes” , a martelé Mechack Mandefu. Et de poursuivre que “le concerné a été mis en demeure depuis plusieurs mois. Il ne veut pas payer le loyer de l’État et donc le ministère de l’Urbanisme et habitat a décidé de résilier le contrat. Zoé Kabila n’a aucun document. Il se munit des documents falsifiés. Nous, nous protégerons toujours les biens de l’État. Toute personne qui veut se comporter en spoliateur tirera les conséquences juridiques. La parcelle appartient à l’État, la loi sera appliquée”, a-t-il conclu./ouragan.cd