RDC : Démontant le prétexte de Kigali, Kinshasa appelle à la création d’un mécanisme ad-hoc international pour éradiquer les FDLR du territoire congolais

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La question des groupes armés étrangers dans la région a été prise en compte dans le cadre du processus de Nairobi mis en place l’année dernière pour résoudre la crise sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo. Cette réaction émane du Vice-Premier Ministre, ministre des Affaires Étrangères Christophe Lutundula, en réponse aux accusations du représentant de Kigali, qui a accusé Kinshasa de coopérer avec les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR).

Pour Christophe Lutundula, Chef de la diplomatie congolaise, la thèse des « FDLR » est un prétexte fallacieux du Rwanda pour justifier sa présence en RDC en violation du droit international.

« Concernant les FDLR, je crois qu’il faut respecter le Conseil de sécurité, il faut respecter les Nations-Unies. Cette rhétorique est démodée, elle n’a qu’une importance. Le Rwanda nous dit que sa présence en RDC est due aux FDLR, mais il n’y a aucun texte du droit international ni de la Charte des Nations-Unies qui oblige un pays à se comporter de cette manière. Je rappelle au Conseil que dans le cadre du processus de Nairobi depuis l’année dernière, tous les Chefs d’État, y compris Son Excellence Monsieur le Président de la République du Rwanda, ont convenu que chaque Chef d’État ou gouvernement ayant des groupes armés en RDC doit entamer des discussions avec ces groupes armés pour qu’ils retournent dans leur pays d’origine. En cas de refus, la force de l’EAC peut utiliser des moyens coercitifs pour le rapatriement de ces groupes, c’est ce que nous appelons le processus de Nairobi », a rappelé Christophe Lutundula devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies le jeudi 28 septembre 2023.

Dans le cadre de ce processus de Nairobi, Christophe Lutundula a souligné que la RDC respecte ses engagements, mais que le Rwanda, via le M23, ne veut pas honorer les siens. Face à cette situation, il a plaidé en faveur de la création d’un mécanisme spécial pour traquer les FDLR, que le Rwanda dénonce depuis longtemps.

Nous avons discuté avec nos compatriotes, y compris le M23, qui étaient présents à la réunion, mais sous l’instigation du Rwanda, ils ont refusé de continuer. À ce jour, je voudrais demander à monsieur l’ambassadeur s’il peut répondre que cette recommandation de Nairobi a été mise en œuvre par le gouvernement rwandais. Rien ! Vous revenez toujours avec le génocide, mais nous n’avons pas à traiter cette question, comme je l’ai déjà dit la dernière fois, elle ne concerne pas la RDC », a déclaré Christophe Lutundula.

Il a ensuite ajouté : « En ce qui concerne les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, notre gouvernement propose au Conseil de sécurité, à l’Union Africaine, et aux Communautés régionales de créer un mécanisme ad-hoc ou une force spéciale qui se rendra sur le terrain au Nord-Kivu pour identifier et chasser définitivement ces forces négatives du territoire congolais. La République Démocratique du Congo est prête à s’associer à une telle initiative. Nous attendons la suite pour éviter de revenir sur cette question. Ce n’est pas cela qui justifie l’atterrissage hier d’un hélicoptère de l’armée rwandaise avec des militaires à bord sur le territoire congolais ».

De nombreux réfugiés rwandais, principalement membres des FDLR, vivent dans l’est de la RDC depuis 1994. Les autorités rwandaises accusent Kinshasa de collaborer avec les FDLR pour déstabiliser le pouvoir à Kigali, des allégations que Kinshasa rejette depuis longtemps.

La RDC continue d’accuser le Rwanda de soutenir les rebelles du M23, une accusation corroborée par des experts de l’ONU et plusieurs pays occidentaux, bien que Kigali la rejette.

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées, notamment par la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), qui a créé une force régionale chargée de faire reculer le M23 depuis un an. Cependant, sur le terrain, la situation ne s’est pas améliorée, la rébellion poursuivant son offensive.

/actualité.cd

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