RDC : Ce qu’il faut faire pour la réussite du projet de 145 territoires (Godé Atswel-Okel)

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Godé Atswel-Okel est professeur de sciences politiques à l’Université de Kinshasa et chef du département de sciences politiques et administratives (SPA). Dans un entretien qu’il a accordé à la rédaction d’Acturdc.com, il a donné en tant que scientifique, les moyens focaux pour la réussite du projet de développement de 145 initié par le Président de la République et dont la mise en œuvre est assurée par le gouvernement Sama Lukonde.

« il y a plusieurs points à développer dans cette affaire : le premier est relatif au statut du territoire, tout le monde a la connaissance de la loi sur la décentralisation. Le territoire n’est plus une entité territoriale décentralisée, il est une entité déconcentrée c’est-à-dire celui-ci est dépourvu de la personnalité juridique; mais par conséquent, il constitue un relais entre le secteur et la province. », aborde le professeur Godé Atswel-Okel.

« Quand on parle du développement d’un territoire en République Démocratique du Congo, on sous-entend n’est ce pas de développement du secteur ? Bien sûr on sous-entend de développement de tous les territoires, parce que le secteur a une personnalité juridique, et le territoire n’en a pas . Le territoire est une circonscription administrative dépourvue de la personnalité juridique, et donc il joue un rôle très important de coordination, par ce que le projet de développement du territoire relève des entités territoriales décentralisées qui sont: la chefferie, la commune rurale, et le secteur parce qu’ils ont une personnalité juridique.», ajoute-t-il.

“Au niveau de chaque secteur, il faut que tout secteur aie un projet de développement c’est ce qu’on appelle atlas local de développement. Qu’est-ce que le territoire peut mettre en exergue pour se développer ? Il suffit d’avoir la somme des atlas de développements locaux.» complète le cet enseignant en Sciences Pô.

« Troisièmement de façon managériale, qu’est-ce qu’on peut faire pour aller très vite ? Sur le plan économique on doit faire l’inventaire des routes principales. Par exemple quand on se dirige dans nos secteurs il y a des routes principales qui peuvent prendre autant de villages connexes, qui peuvent être de 12 kilomètres, 10 kilomètres, 7 kilomètres, 2 kilomètres et moins d’un kilomètre sur les routes principales du secteur. La quintessence est d’avoir les routes principales et les routes accessoires.»

La gestion rationnelle des ressources dont dispose l’État est très importante dans cette approche, pense le professeur Godé Atswel-Okel. « L’Etat doit acheter les tracteurs pour développer ce projet, un tracteur coûte 42000 à 50000 dollars. Il faut qu’on évite le plagiat, le mimétisme, parce qu’en France on construit de telle manière, et nous, nous allons faire comme eux. Non, nous n’avons pas beaucoup d’argent, avec le peu que nous avons ici, utilisons le système de cantonnage pour faire évoluer ce projet, pas question d’ asphalter maintenant cherchons d’autres mécanismes qui sont donnés ci-haut. »

« Dans ma thèse j’ai prévu qu’au niveau de chaque chef lieu du secteur où de la chefferie qu’on aie ce que les gens appellent ( grenier agricole ) . Quand ceux-ci quittent les villages auront pour direction le secteur pour être stockés , et le secteur sera en communication avec les commerçants. Et ces derniers viendront avec les bonnes initiatives de trocs un système daté de longue durée. Les investisseurs viendront avec les initiatives de construire. Au préalable les ruraux vont contribuer en donnant les maïs, les haricots, du riz aux iinvestisseurs et ces derniers vont construire des hôpitaux, des écoles ainsi de suite . C’est ce qu’on appelle les COOPÉRATIVES.»

« Les coopératives sont très utiles par exemple à Idiofa il y avait une coopérative dénommée IPP, cette coopérative a évolué en exploitant les porcheries, les aliments qui ont aidé beaucoup de gens.»

Dans sa chute, le professeur a fait quelques recommandations à l’État. « Ce que l’Etat doit faire maintenant, il doit jeter des ponts pour relier toute la République, vous verrez dans 6 mois le congo va changer et ce projet va réussir. Pour y arriver, il faut une équipe sérieuse, des gens intègres, pas nos hommes politiques, ils ne sont pas sérieux. Il faut chercher les experts en la matière pour réussir à cette idée. Il faut aussi associer l’agence nationale des renseignements (ANR), parce que les gens craignent beaucoup cette agence, et il faut un coaching des experts pour développer ce projet . Je ne suis pas vraiment d’accord avec l’IGF. Ce n’est pas important qu’elle se mêle, mais il faut associer la police de proximité, qui est une police dissuasive, une police qui accompagne les communautés locales et elle arrête les récalcitrants », a-t-il conclu.

Edine Ndjeshi / Acturdc.com

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