État de siège : « Ne pensez pas que c’est un temps de plaisir, ça fait un an qu’on ne dort pas », gouverneur de l’Ituri

Un an après l’instauration de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, l’actualité en RDC est dominée par des réactions dénonçant « l’inefficacité » de cette mesure prise par le président Tshisekedi pour éradiquer les groupes armés.

Dans une interview accordée à la presse locale le mardi 10 mai dernier lors de son passage à Goma au Nord-Kivu, gouverneur militaire de la province de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’kashama a essayé d’expliquer ce qui s’est passé durant l’année qu’il a passée à la tête de cette province.

« Ne pensez pas que c’est un temps de plaisir que nous prenons là-bas. Ça fait un an qu’on ne dort pas, un an qu’on travaille. Mettez-vous ça en tête », a déclaré le général Johnny Luboya appelant les Congolais à « être forts, comme les soldats qui se sacrifient sur le champ d’honneur ».

Johnny Luboya N’kashama estime que pour que la paix soit « complètement » rétablie dans l’Est de la République démocratique du Congo, les Congolais doivent être patients, car une seule année ne suffit pas pour détruire ce qui a été bâti par les forces négatives durant deux décennies.

« Je pense que les Congolais devraient être un peu patients. Je le dis en connaissance des causes parce que, ce n’est pas le premier cas au Congo où nous avons des groupes armés et des terroristes. Nous avons un cas très récent au Mali où les français avec tous les matériels qu’ils ont, ils avaient Barkane et neuf ans après ils n’ont pas réussi ! Et donc nous, nous n’avons qu’une année ici, alors si les gens veulent qu’on arrête, non, nous on est là pour mettre la sécurité. Le problème c’est l’état final recherché, et c’est la sécurité », a poursuivi le gouverneur militaire de l’Ituri.

Il affirme que le nombre de soldats qui meurent tous les jours sur le champ de bataille est énorme, d’où le travail de l’état de siège mérite plus de respect. Johnny Luboya insiste qu’il ne faut pas « jeter l’opprobre sur le travail de l’armée ».

Depuis une année maintenant, les militaires gouvernent les provinces ainsi que les villes et territoires pour essayer d’en finir avec l’insécurité. Mais les tueries se sont accentuées dans plusieurs agglomérations comme les territoires de Beni (Nord-Kivu), d’Irumu et de Djugu en Ituri. Dans ce dernier, plus de 70 civils ont été massacrés en l’espace de 48 heures entre le dimanche et mardi dernier./7sur7.cd