Chaque jour, au moins 400 Congolais demandent l’asile en Ouganda

Chaque jour, 400 demandeurs d’asile de l’est de la République démocratique du Congo se rendent en Ouganda pour fuir l’insécurité.

À la frontière de Busunga, point d’entrée de la plupart des demandeurs d’asile fuyant les violences en République démocratique du Congo, le nombre de demande d’Asile augmente de minute en minute.

À seulement 6 km de là se trouve le site d’une attaque meurtrière des Forces démocratiques alliées (ADF) qui a fait des dizaines de morts parmi les villageois début février. Un grand pourcentage des déplacés congolais ont cherché refuge dans plusieurs camp en quête de sécurité avant d’entrer en Ouganda. Une fois dans le pays, les demandeurs d’asile passent quelques heures, parfois quelques jours dans la ville frontalière de Bundibubio, avant d’être transférés au centre de transit de Bubukwanga, situé à 30 km.

Dès leur arrivée, ils sont soumis à un test de dépistage de la Covid-19, puis à un contrôle de sécurité qui détermine s’ils obtiendront le statut de réfugié avant d’être transportés vers un camp au bout de trois jours. La plupart d’entre arrivent traumatisés par les crimes dont ils ont été témoins.

« C’est effrayant de voir un corps mutilé. Ils ont tué ma famille. Mon frère aîné, sa femme et ses enfants ont été tués. Tous mes proches ont été tués parce que lorsque vous êtes au même endroit et qu’une personne meurt, vous mourrez aussi » a témoigné Batulugemu Malagumu, réfugié congolais.

Le centre a connu un premier afflux en 2013 avant de devenir inactif. Aujourd’hui, à la suite de nouvelles atrocités ils doivent faire face à de nouveaux défis.

Hedwig Arineitwe, responsable du centre de transit de Bubukwanga, affirme « nous sommes préparés. Bien sûr, quand vous entendez des balles, parfois nous les entendons d’ici, au début, c’était effrayant mais ensuite ça devient normal. Elle ajoute « comme nous sommes à la frontière, le gouvernement a vraiment essayé d’assurer la sécurité. Si vous vous déplacez, vous trouverez de nombreux détachements de l’UPDF, donc on se sent en sécurité. »

Les forces conjointes de l’armée congolaise et ougandaise ont alliées leurs forces le 30 novembre 2021 pour combattre les rebelles des Forces démocratiques alliées dit ADF. Le 12 janvier, les deux armées annonçaient l’arrestation d’un des fondateurs des ADF mais cela n’a pas mis un termes aux violences dans la région. Dans la nuit de dimanche à lundi, au moins 20 personnes ont été tuées dans la localité de Kikura, à l’est de la RDC./mediascongo.net