Après l’épopée Okende : l’Union sacrée à l’heure de la restructuration

Après l’épisode de Chérubin Okende, ministre des Transports, qui a échappé à une motion de défiance la semaine dernière à l’Assemblée nationale, l’heure est au rappel des troupes au sein de l’Union sacrée de la Nation.

La plateforme présidentielle resserre ses rangs et entend renforcer la discipline du groupe afin d’affronter, en ordre utile, les joutes électorales de 2023 et faire réélire son candidat unique, Félix Tshisekedi. Pour ce faire, le président de la Chambre basse du Parlement se charge de consulter les caucus provinciaux des élus USN en vue d’une restructuration profonde autour des idéaux et de la vision du chef de l’État.

Question de maintenir une majorité compacte disciplinée où tous les membres parlent le même langage et regardent dans la même direction, quoi qu’il en coûte. Au finish, l’Union sacrée veut se muer en une plateforme électorale afin de permettre à son « autorité morale », Félix Tshisekedi, de briguer un second mandat à la magistrature suprême.

L’Union sacrée de la Nation (USN) aura appris une leçon après la cacophonie observée lors de l’examen et du vote de la motion de défiance initiée curieusement par un élu USN contre le ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Cherubin Okende, lui aussi membre de cette plateforme présidentielle.

Bien que sauvé de justesse par une motion incidentielle, le ministre Okende retiendra qu’il n’a pas bénéficié du soutien total de ses camarades de l’USN. Pour une leçon, il en a eu une.

Plus que cela, la hiérarchie a certainement été peinée de compter ses membres parmi les signataires de la motion qui a failli évincer un des Warriors, membre de l’Union sacrée.

Aussitôt la motion rejetée, la majorité parlementaire s’est vue toute nue devant un miroir grossissant. Et, afin que pareille épopée ne soit rééditée, il faut parer au plus pressé, resserrer les rangs et nettoyer les écuries d’Augias.

Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour ce faire. Samedi 22 octobre, à Fleuve Congo Hôtel, une réunion stratégique des députés membres de l’Union sacrée de la nation s’est tenue autour de Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, entouré du bureau de l’Assemblée nationale. Il était question de battre le rappel des troupes après l’épisode Chérubin Okende.

« Après avoir constaté que la majorité reste compacte après le vote, Mboso N’Kodia a annoncé la mise en place des structures de l’USN », selon un participant qui a requis l’anonymat.

« À l’issue de cette rencontre-marathon, les caucus provinciaux ont été appelés à désigner, chacun, un délégué devant intégrer ces structures », a indiqué une source proche du bureau du speaker de la Chambre basse du Parlement.

Même si nos sources n’en disent pas plus sur les contours de ces échanges de Fleuve Congo Hôtel qui, du reste, se sont déroulés loin des caméras, il ressort clairement que l’USN veut arrêter avec ce que d’aucuns ont qualifié de « manque de discipline » lors de la collecte des signatures et l’examen de la motion de défiance contre le ministre des Transports, membre de l’USN.

Sur le plan prospectif, Mboso veut mettre de l’ordre dans le palais afin de ne pas essuyer d’une surprise désagréable lors de la campagne, l’an prochain, en faveur du candidat USN à la présidentielle, Félix Tshisekedi.

Reste à savoir si l’initiative du speaker de la Chambre basse du Parlement rencontrera l’assentiment de tous les membres. Surtout qu’il s’observe ces derniers temps des remous entre l’UDPS et Ensemble pour la République de Moïse Katumbi dont est d’ailleurs issue le ministre Okende.

À l’heure actuelle, personne au sein de la famille politique du chef de l’État n’a intérêt de voir l’Union sacrée se déchirer. L’idéal serait que les uns et les autres écoutent la voix de la sagesse et regardent dans la même direction afin d’affronter l’électorat en ordre de bataille en décembre 2023.

C’est l’occasion ou jamais de donner un contenu et une âme à cette machine politique mise en place par le chef de l’Etat ; laquelle a eu le mérite de faire basculer une majorité parlementaire en pleine législature./mediascongo.net