Tête-à-tête Tshisekedi-Museveni : un internationaliste appelle la RDC « à bien exercer ses missions régaliennes»

Le président Félix tshisekedi, lors de son point de presse du dimanche 14 juin 2021 à Goma a annoncé qu’il rencontrera le président ougandais Yoweri Museveni à Kasindi en province de l’Ituri.
«J’irai à Kasindi où je rencontrerai mon homologue ougandais, avec qui nous venons de conclure un accord de construction d’une route qui partira d’Ouganda pour arriver à Goma. Cela permettra notamment l’éradication de certains groupes armés, des gens qui utilisent la violence pour faire du business. »

A ce sujet, Fréderic Amani, enseignant à l’Ecole Supérieure de Gouvernance Politique Et Economique (ECOPO) Lubumbashi appelle les deux chefs d’états à se dire des vérités en face.
«Le dialogue est une vertu dans toute société moderne et surtout, en cas de problème comme celui-ci. Cependant, il faut que ces deux hommes se disent la vérité en face et non se caresser.»

Cet expert des questions internationales estime que le président ougandais devrait afficher sa volonté politique de contribuer à mettre fin à ce qui se passe dans l’Est.
En revanche, Fréderic Amani demande plus de prudence à la partie congolaise: «les relations Internationales sont des relations de rapports de force. Il est plus que temps pour la République Démocratique du Congo de souhaiter redevenir une puissance sous régionale pourquoi pas régionale afin de bien contrôler son territoire. Ensuite, la RDC doit toujours faire attention dans ses négociations pour ne pas tout avaler de ce qu’on lui présente.»
Il estime que la plupart de maux qui rongent le pays sont dus « aux mauvaises négociations qui se sont faites.»

L’espoir d’un retour de la paix ?

Si d’aucuns pensent que rencontrer Museveni est un espoir de paix en RDC,Fréderic Amani pense le contraire. Pour lui, le Congo devra s’assumer : «Le grand Espoir pour le retour de la paix dépend en premier lieu, des efforts que la RDC doit faire pour qu’elle soit véritablement un Etat capacitaire afin de bien assurer ses missions régaliennes, et cela passe par le renforcement de son autorité sur toute l’étendue du pays, et ce renforcement n’est possible que par la mise en place des institutions fortes.»

Engager la guerre contre les rebelles dans son pays et négocier avec ses homologues ?

Le fait pour le président congolais Félix Tshisekedi de décréter l’état de siège sur une partie de son territoire national et négocier en même temps avec des chefs d’Etats voisins dont Museveni est selon Fréderic Amani, une stratégie de communication.
« cela est une stratégie qui consiste à faire voir à la population qu’il est là pour effectivement travailler à ce que la paix et la sécurité règnent (promesse faite plusieurs fois)car depuis longtemps, Félix Tshisekedi a toujours été accusé comme étant un président qui ne fait rien pour la situation à l’Est de façon particulière et il n’a pas encore fait quelque chose de façon générale pour la RDC…»

A lui de poursuivre:« Mais FATSHI veut que ses partenaires du dehors voient qu’il est là pour privilégier le dialogue dans la sous-région et promouvoir la cohabitation pacifique et le bon voisinage pour le développement de la sous-région.»

Museveni veut également jouer sa carte à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Ouganda. L’internationaliste Fréderic Amani voit une stratégie de rachat de Museveni après sa réélection contestée « La stratégie du président ougandais consiste à montrer qu’il est le Président qui veuille à ce que son peuple soit en paix, malgré les contestations dernièrement issues de l’élection présidentielle avec Boby Wine. Il veut aussi montrer à ses partenaires qu’il est prêt à soutenir les efforts de paix dans la sous-région à travers ce dialogue avec les pays voisins dont la RDC pour qu’il a toujours été accusé d’agression.»

Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni jouent chacun la carte de la séduction nationale et internationale mais cela devrait pour le Congo selon Fréderic Amani, s’accompagner des résultats.

24h.cd

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