RDC : Fini la longue période de grâce pour Félix Tshisekedi

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C’est terminé, la très longue période de grâce accordée au président Félix Tshisekedi. Après deux ans de mandat, il faut désormais assumer ses responsabilités et rendre compte de son administration.

Tshisekedi ferait mieux de comprendre que tout ne devrait pas être toujours de la faute des autres. Combien de temps faut-il à un président pour assumer ses fautes ou les échecs de son mandat ? Cent jours, un an, deux, dix-huit ou tente-six ?

J’entends souvent dire et avec désinvolture : vous voulez que Félix Tshisekedi redresse en deux ans ce pays qu’on a détruit pendant dix-huit ans ? Allusion faite au mandat de l’ancien président Joseph Kabila.

Combien de temps lui faut-il ?

D’autres encore vont jusqu’à évoquer les 32 ans du règne sans partage du président Mobutu, pour trouver les raisons de donner carte blanche au président Félix Tshisekedi. Admettons ! Alors, dans ce cas, le nouveau chef de l’État est responsable de quoi ? De qui, finalement ? Puisque de gros dossiers sur lesquels les Congolais attendent son intervention se multiplient, et même s’enlisent.

C’est le cas de l’insécurité dans tout l’est du pays, de l’ancien Katanga à l’Ituri. Plus particulièrement, dans le Nord-Kivu, les gens meurent chaque semaine toujours plus nombreux.

Certes, des actions militaires sont en cours, mais elles peinent à se différencier de celles qui ont existé avant l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi. Lui qui a pourtant promis d’aller jusqu’au sacrifice suprême, et de verser de son sang si c’est le prix à payer pour que la paix revienne.

Deux ans, et encore trois !

Deux ans ! Certes il reste encore trois bonnes années, mais rien n’indique qu’un début de paix est en cours. Il faut toujours espérer ? Espérer quoi encore ?

On ne devrait pas perdre de vue la criminalité grandissante dans certaines villes, comme à Lubumbashi et à Likasi, mais aussi le difficile retour des déplacés des violences armées de nombreux pays voisins, y compris à l’intérieur du pays. Là encore, en deux ans, les lignes n’ont pas assez bougé.

Pendant ce temps-là, l’espoir qui a semblé prendre corps, notamment au sujet de la lutte contre la corruption, a vite fini par s’estomper. De plus en plus de Congolais n’y croient plus, tant des magouilles financières impliquant des puissants de l’ancien régime et des proches du nouveau président semblent couvertes par une sorte de refus d’enquêter. Sinon, une sorte d’impunité.

Beaucoup de Congolais, en effet, regrettent toujours que le président Tshisekedi refuse de fouiner dans le passé de ses prédécesseurs alors que certaines plaies ouvertes par les violences encore récentes ne se sont pas refermées.

Violences autour de l’alternance, violences documentées par le rapport Mapping ; ou encore les détournements des deniers publics se rapportant aux processus électoraux, à de nombreux projets de développement comme Bukanga Lonzo dans le Sud-Ouest du pays. Tout cela semble à ce jour oublié.

Habarirdc.net/acturdc.com

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