RDC : Du fond de mon Katanga natal, la guerre est sale… cher Minembwe !

 

Une anthologie publiée peu après le génocide Rwandais avait aussi ce titre à forte charge émotive : « La guerre est sale ». Son grand mérite était entre autre de magnifier la littérature sous – régionale de l’Afrique centrale pour revisiter les œuvres de Valentin Mudimbe, Kadima N’zuji et de leurs compagnons de lutte qui incarnaient la fierté de l’élite congolaise. Il s’agissait de l’autobiographie d’une victime de la grande tragédie du siècle dernier. Venant de sa ferme, Joseph voyait de loin une fumée remonter de la case de ses parents. Arrivé sur le lieu, il va se rendre compte d’une scène effroyable défiant toute compréhension humaine avec une atrocité irrésistible.

La tête isolée de son père saignait à flot au coin de la parcelle, tandis que le reste du corps décapité s’agitait dans la petite broussaille. Sa mère et ses sœurs, quant à elles, se calcinaient  dans la case après avoir subi le supplice du viol.

Il ne s’agit pas d’un conte qui remonte au déluge avec le risque de se signaler comme une légende.

C’est plutôt une vérité…une réalité qui, depuis plus de 20 ans, relève du quotidien des congolais vivant dans la partie orientale du pays. Leur vie n’a plus rien à envier à un sempiternel cauchemar, à défaut d’être un cycle psychodramatique qui leur arrache plaisir, loisir et désir. Bref, le dégout de la vie les pousse à dire que la mort n’est pas toujours la pire des choses.

A ce sujet, l’histoire de l’humanité retiendra qu’un jour, de petits enfants  étaient recrutés  et commis à un programme  de belligérance pour la conquête du pouvoir. La forfaiture n’est pas moins punissable qu’un viol-massacre des mineures.

Ils étaient tellement petits qu’ils avaient du mal à soulever les bottes en caoutchouc qu’ils portaient sous le poids des fusils. Faire mention de cette désinvolture qui a marqué autrement l’histoire de la RDC, ce serait aussi une bonne façon de célébrer le 10ème  anniversaire du rapport Mapping des Nations Unies.

Bakata-Katanga : une tentative suicidaire !

Selon le constat général, les élections de décembre 2018 ont aussi ouvert la voie d’égarement à ceux qui, pendant longtemps, se sont signalés par leur inconstance idéologique et leur versatilité politique. Les voilà à la recherche d’une thématique pouvant leur servir de prétexte discursif pour continuer à exister politiquement. Plusieurs fois, on les a vus surfer sur les considérations tribalo-ethniques pour résoudre certains problèmes de cette province de la République. Leur crédo est connu : Faire du Katanga un Etat autonome et indépendant.

Cet atavisme calqué sous le modèle de la sécession katangaise prônée par Moise Tshombe peu après l’indépendance de 1960, n’est certes pas sans conséquences néfastes sur la posture socio-économique de cette partie du pays. L’on retiendra aussi que l’affaissement de la Gécamines et d’autres grandes entreprises de ce coin, s’explique aussi et surtout par l’épuration ethnique intervenue vers les années 90 au plus fort de la Conférence Nationale Souveraine.

Quel que soit le caractère plus ou moins démentiel des propos de ceux qui ont choisi les antivaleurs pour tirer leur épingle du jeu, même le bébé né d’hier sait que la guerre n’a jamais été une bonne chose au regard de ses conséquences souvent incalculables  à plusieurs égards. Cela ressemble à une moquerie en place de la sympathie envers nos compatriotes de l’Est qui, depuis un quart de siècle, croisent le fer avec  les stress et les traumatismes leur imposés par les bruits des bottes et le langage des armes.

En ce 21ème siècle, caractérisé par la modernité des techniques diplomatiques, et fondé essentiellement sur l’ambition de  la création d’un village planétaire, en passant par la formation de grands ensembles et la suppression des frontières pour l’intégration des forces, penser à se recroqueviller sur soi-même , c’est puiser dans un anachronisme  préjudiciable aux projets du développement communautaire. C’est à la diplomatie moderne que se doit cette sagesse : «La paix se négocie, mais la guerre se gagne».

Il y a quelques mois, on avait assisté à un jeu de ping-pong avec le phénomène des effigies brûlées à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba. La version des fossoyeurs était tellement brute qu’elle reflétait l’étroitesse d’esprit de ceux qui, depuis toujours, tentent de faire bouger la fibre tribale pour leur positionnement politique. On sait du reste de quoi est capable celui que l’on nomme ironiquement « L’homme du coup sur coup » selon qu’on  lui reconnait l’arrogance verbale et la légèreté langagière. S’il a maille à partir avec la justice internationale, ce n’est pas pour avoir volé une poule ni écrasé un chien.

Depuis lors, et presqu’à la même hauteur de raisonnement, les plus simplistes ont choisi de lire l’histoire de cette partie de la République avec les lunettes tribales en se référant à l’épuration ethnique des années 90 de triste mémoire traduisant les douleurs d’enfantement d’un Etat de droits qui devait talonner de très près la pire dictature du siècle dernier.

Tant il est vrai que l’aventure de Bakata-Katanga relève d’une conception dérisoire et surannée, seule la probité morale et l’honnêteté intellectuelle peuvent valablement soutenir un exercice politique fondé sur des valeurs humaines et nationalistes. Il est donc, à notre avis, utopique de s’imaginer que le grand Katanga sera l’éternelle piste d’expérience où, pour mieux régner, n’importe quel garnement pourra aller tenter sa chance en divisant des populations-frères plus que jamais appelés à vivre ensemble.

C’est le cas de le dire : L’ivresse de lait n’est pas une simple figure de style en politique tant elle frise la démence, la délinquance et même l’immoralité. C’est tant pis, car on n’est ni à l’école de Bill Clinton,  ni à l’académie de Lionel Jospin où l’on sait définir la politique comme un mandat, et non comme une carrière à poursuivre contre et envers tout. Sous d’autres cieux,  après son mandat, le professeur sait quitter la scène politique pour rentrer à la faculté, et l’ingénieur rentre à l’usine pour bien achever sa carrière. D’où, la notion de la mise en disponibilité et celle de l’incompatibilité des fonctions.

Si déjà, presqu’à l’occasion de rien, les populations sont prêtes à s’affronter, qu’en sera-t-il du jour où Joseph Kabila déclarera, par-devant -le monde, sa candidature aux élections de 2023 ? Aura-t-il le temps de convaincre et/ou de s’imposer dans un contexte où il aura du mal à battre campagne ?

Autant de questions qui mettent à nu l’analphabétisme politique qui garde captives certaines intelligences.

Déjà, quand la félonie saute aux yeux, nul n’est à l’ abri de l’abus de la licence. Il suffit d’une seule sortie politique d’un membre du FCC pour que ça sente le roussi et que tous les démons du régime passé remontent à la surface.

Comme submergé par une vague d’enchantement, on a vu, il y a peu, Félix Kabange Numbi, un lieutenant de Joseph Kabila vider sa panse en étalant au grand jour ses relents séparatistes dans un discours qui n’a pas manqué de lui attirer le courroux de toute la nation plus que jamais déterminée à être unie.

Comptés parmi les pestiférés, beaucoup de gouverneurs  de provinces  arborent aussi et toujours les couleurs de leur parti, au vu et au su de tout le monde tout en vouant une adoration solennelle à leur autorité morale. Autant de faits et gestes qui démontrent la félonie de certains hommes d’Etat qui, pour des raisons inavouées, refusent de se positionner au milieu du village pour arbitrer objectivement sur les dossiers qui engagent l’intérêt général du peuple congolais.

Affaire Minembwe

 Il sied de savoir bon gré au professeur Justin Kankwende Mbaya qui, nous a déjà gratifié d’une matière très abondante pour charcuter la problématique, mieux, la tentative de balkanisation de la RDC dans sa partie orientale. Quoiqu’une page déjà tournée, plusieurs hypothèses se disent et se contredisent, les thèses se croisent et s’entrecroisent ; certaines erreurs d’interprétation se taisent, d’autres s’entêtent ; les  bonnes idées, par contre, se tiennent et se soutiennent…

Le tout, dans une mixture réflexionnelle  suffisante pour accuser une crise  artificielle dont le triste mérite serait de troubler la paix sociale et de chambouler l’ordre institutionnel actuel.

De toutes les hypothèses pouvant justifier une éventuelle crise liée à la supposée balkanisation, la plus crédible indique la roublardise de ceux qui, ne jurant que par une démarche de sape et de sabotage, exhume ce dossier en se servant d’une duperie politique de mauvais goût, escomptant ainsi des conciliabules égoïstes en vue d’un partage extra – constitutionnel du pouvoir qui ne fera que régresser la nation et casser l’ élan démocratique gage du développement tant attendu par le peuple congolais.

Pourquoi les « Banyamulenge » aiment se positionner en victimes tant la problématique de Minembwe leur sert de prétexte récurrent ? La question vaut tout son pesant d’or au regard de l’actualité brûlante avec cette tendance maladive de faire de cette partie du pays leur propriété privée.

Heureusement ! Celui qui ne jure que par son attention à la  clameur populaire n’a pas tardé d’arbitrer conséquemment.

Il convient de signaler qu’à ce chapitre précis, Félix Tshisekedi, a déjà choisi un langage diplomatique pour déjouer les mauvaises intentions. « Tant que je serai au pouvoir, aucune portion de notre territoire ne sera cédée », l’a-t-on toujours entendu dire.

Quelques questions cependant : Comment explique-t-on l’amitié entre JKK et Azarias Ruberwa qui, sans parti politique viable et sans siège visible, arbore, depuis bientôt plus de 10 ans, les airs d’un pasteur dans la chapelle -kabiliste, alors qu’il fait partie de la souche la plus suspecte dans les annales du RCD?

Il est aussi vrai et vérifiable que l’option de la guerre continue ostensiblement à hanter celui qui, pendant longtemps, s’est montré incapable de mettre en déconfiture les forces négatives qui se comportaient en terrain conquis.

Déjà, la complicité tant dénoncée n’ayant jamais été démentie au regard des faits probants, c’est tout à fait malheureux que les accointances se créent avec les anciens seigneurs de guerre.

En effet, la  balkanisation (puisqu’on veut en parler) était un projet irréaliste longtemps entretenu par une certaine communauté internationale, mais qui a étalé une incompatibilité sociologiquement et politiquement évidente face à la désapprobation populaire.

Des acteurs majeurs avaient, en son temps, travaillé chacun à sa manière bravant risques et périls pour prouver l’incongruité d’une pareille entreprise auprès des puissances occidentales jusqu’à obtenir le retournement irréversible de l’approche pour les générations actuelle et à venir.

Sachant qu’il s’agit là d’un refrain qui se chante déjà au passé, il appartient maintenant au Congolais eux-mêmes de faire montre d’ouverture d’esprit pour un bon degré de respectabilité sur l’échiquier international ; de développer, à l’interne, les capacités politiques, militaires, diplomatiques et managériales pour reformer les institutions et restaurer la véritable autorité de l’Etat tributaire d’une forte cohésion nationale et d’une cohérence globale.

Que conclure ?

Il est  à savoir que l’absence de bonne foi et de bonne volonté politique a, pendant longtemps, été à la base de  l’insécurité à l’Est de la RDC. L’accueil triomphal dont était Gédéon Kyungu, actuel seigneur de guerre dans le Katanga est une preuve éloquente de la complicité au regard de la nonchalance et de la faiblesse du leadership politique et militaire sous le règne passé.

A maintes occasions, il a été démontré que plusieurs autorités commises à la sécurité dans l’Est du pays étaient devenues des actionnaires, des commissionnaires et des commerçants dans le domaine des minerais, du pétrole et autres, alimentant ainsi cette prédation érigée en mode de vie.

Donnant raison à celui qui disait que la guerre était une occasion pour faire de bonnes affaires,  l’usure du temps avait fini par installer une familiarité entre les assaillants et une frange de la population qui trouvait son compte en pérennisant l’instabilité et  l’insécurité.

Qu’il s’agisse du grand Katanga ou de toute la contrée orientale de la RDC, il est donc à retenir que tout leader politique sérieux, doit être capable d’aiguiller le peuple souverain dans son exercice de la démocratie participative.

Cependant, la cacophonie perceptible à travers les prises des décisions, les déclarations politiques et les propositions qui alimentent les médias est une preuve irréfutable  de l’amateurisme politique, du tâtonnement philosophique et  de la versatilité idéologique.

Ce n’est un secret pour personne : Au même titre que cette situation socio-économique de basse conjoncture, triste héritage du régime précédent caractérisé par la prédation et la corruption, la qualité du bilan de Félix Tshisekedi passera aussi et surtout par la manière dont il va résoudre le problème de sécurité à l’Est de la République.

C’est donc à raison qu’on le voit jeter tout son poids dans cette affaire selon qu’il veut rester fidèle à son discours de campagne.

Des tireurs des ficelles peuvent bien se raviser tant que le peuple congolais n’a aucunement besoin de se retremper dans les cauchemars des années AFDL en  cherchant à déstabiliser  les institutions issues des élections et chambouler l’ordre institutionnel actuel d’où remontent les espérances d’un peule longtemps meurtri.

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