RDC/Consultations : quand le contexte tue le prétexte

Quoi dire de plus ou d’autre des consultations qui démarrent ce lundi 2 novembre 2020 ? Plus grand-chose. Leur initiateur-encore un sous les tropiques rd congolaises – en a déjà fixé le cadre. Et même l’objectif poursuivi : créer l’union sacrée de la nation.

 

La séquence « tâter le pouls des « représentants » de la Société civile, des corps intermédiaires et de la classe politique peut commencer. Un Président qui écoute, échange… bref, sonde le tréfonds de ses compatriotes avant de décider.

 

Les dieux de la démocratie athénienne-façon Grèce antique- ne peuvent que saluer l’exercice. La démarche ne serait pas non plus pour déplaire aux chantres de la démocratie participative. L’initiative ne heurterait pas non plus le très africain arbre à palabre.

 

Quant à l’Union sacrée de la Nation ? Y-aurait-il plus consensuel que cette perspective ? Qui s’opposerait à voir enfin des Congolais de tous horizons se mettre ensemble pour faire face aux défis existentiels ? Un consensus autour de l’essentiel après lequel le pays court depuis des décennies. Premier à avoir utilisé le terme « Union sacrée » en France, en vue de souder l’Hexagone face à la première guerre mondiale, le Président d’alors, Raymond Poincaré, n’aurait pas à se retourner dans sa tombe. Bien au contraire.

 

Ca sent donc la bonne cause. Pourquoi ne pas répondre à l’invitation du chef de l’Etat ? Alors, tous au Palais de la Nation ou à la cité de l’Union africaine ? Oui, si on fait fi du contexte et donc l’on prend le prétexte pour la motivation profonde. A-t-on vraiment besoin d’un expert ès fatshisphère pour comprendre que le discours -de six minutes- du 23 octobre était l’expression de l’ire présidentielle ou du ras-le-bol après le boycott de la prestation de serment des juges constitutionnels par les chefs de corps de la République FCC ? Sous des dehors d’un dialogue républicain, l’initiative du Président est à placer dans le cadre de son épreuve de force avec son -déjà ex ?- partenaire de la coalition. Comme CQFD -ce qu’il fallait démontrer-, ce n’est pas de la physique nucléaire.

 

C’est, pourtant, précisément ce nœud gordien qui risque de ravaler le ballet socio-politique (qui commence ce jour) au rang d’un avatar dans la lutte, désormais sans masques et sans respect des gestes barrières, entre le camp présidentiel et le bloc kabiliste.

 

Il ne reste plus qu’à donner raison à ceux qui ne pariaient pas un kopeck sur la coalition CACH-FCC. Il reste surtout à tirer un trait sur ce quinquennat, car avec les consultations, c’est la bataille pour 2023 qui démarre. Sous quelle forme ? Avec quelle issue ? Bien malin qui pourrait prédire l’épilogue dans cette RDC aussi complexe que fragile.

 

Et le pays, le peuple ainsi que 2020 « année de l’action » dans tout ça ? Poser la question, c’est y répondre.

Forumdesas.org/acturdc.com

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