Pierre Pay Pay/ consultations : «l’économie ne peut pas marcher tant que la politique ne marche pas»

Les anciens gouverneurs de la Banque centrale du Congo étaient reçus le vendredi 6 novembre 2020 par le Président Félix Tshisekedi dans le cadre de consultations qu’il a initiées.

Pour ces anciens locataires de la banque centrale, tant que la politique ne marche pas, l’économie ne marcherait pas non plus. Ils ont saisi cette occasion pour donner quelques pistes des solutions.

«En tant qu’anciens gouverneurs de la banque centrale, notre entretien a tourné autour des problèmes économiques et financiers, et dans ce cas nous avons donné au Chef de l’Etat notre point de vue sur cette question», a indiqué Pierre Pay Pay au sortir des échanges avec le Chef de l’Etat.

A lui d’ajouter, « nous lui avons dit que l’économie ne peut pas bien démarrer tant qu’il y aura une crise dans le domaine social et dans le domaine de la tranquillité du pays. Donc tant qu’il n’y aura pas la paix, l’économie ne pourra pas marcher. Nous lui avons donné nos suggestions», a-t-il signifié aux journalistes présents au palais de la nation sans en dire davantage.

Ce point de vue des anciens gouverneurs de la banque centrale est partagé par la FEC, ANEP et la Fédération des commissionnaires de diamant qui sont tous unanimes : “l’argent n’aime pas les bruits de bottes“.

Les anciens premiers ministres aussi consultés

Par ailleurs, les anciens premiers ministres ont insisté sur la prise en compte du social de la population.

Mabi Mulumba, l’un d’entre eux, l’a indiqué au sortir de l’audience leur accordée par Félix Tshisekedi.

« Nous avons remercié le Chef de l’état d’avoir pensé à nous pour que nous puissions mettre notre expérience à sa disposition. Nous partons de l’idée que l’intervention du Chef de l’Etat était pour réveiller le peuple congolais, pour que le peuple puisse défendre ses propres intérêts», a-t-il.

A lui d’ajouter : « Nous avons remarqué qu’officiellement on se bat sur le juridisme, alors que les problèmes sociaux de la population ne sont pas pris en compte. C’est pourquoi nous avons insisté qu’on puisse mettre l’accent là-dessus», a-t-il renchéri.

Au sujet de l’Union sacrée pour la nation, Mabi Mulumba insiste sur la responsabilité du président de la République en sa qualité de garant de la nation.

« Nous lui avons rappelé qu’il est le garant de la nation et dans ce sens, il a des solutions à trouver et il a un rôle important. Il faudrait dépasser le seuil de sentiments et s’occuper beaucoup plus du social parce que lorsqu’on parle de la crise politique, nous voyons aussi la crise économique, on sent déjà les effets de la crise que subit la population ».

Aussi, Mabi Mulumba a invité les politiques à s’occuper du bien-être de la population au lieu de s’occuper de chamailleries pendant que cette population meure de faim.

Autre sujet évoqué par ces anciens premiers ministres, l’indépendance de la CENI.

A ce sujet, a indiqué Mabi Mulumba, « d’une part, une structure comme la CENI doit avoir un caractère neutre et d’autre part il y a cette tendance à vouloir dominer la Cour Constitutionnelle. Celle-ci devait fonctionner d’une manière équitable pour tout le monde. Il faudrait faire en sorte que dans le cadre des élections de 2023 que l’on puisse avoir des structures qui sécurisent tout le monde et non pas une partie qui tire la couverture de son côté », a exhorté cet ancien ministre.

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