Les évêques de l’assemblée épiscopale de Kisangani demandent aux gouverneurs de provinces de cesser de collaborer avec des groupes armés et aux groupes armés étrangers de se retirer du Congo

Les évêques de 9 diocèses ecclésiastiques de Kisangani se sont réunis du 4 au 7 mars au centre de la pastorale de Kisangani (Tshopo) pour évaluer les activités pastorales, la situation socio-économique et sécuritaire dans leurs provinces respectives. Cette rencontre leur permet également d’évaluer les activités prévues pour l’année 2023, les difficultés rencontrées et de donner de nouvelles orientations.

Les évêques ont constaté l’insécurité grandissante suite à la multiplication des groupes armés, ce qui est à la base de la flambée des prix due à l’enclavement des provinces ecclésiastiques de Kisangani à cause de la dégradation des routes.

Selon le secrétaire de l’ASSEPKIS (Assemblée épiscopale des évêques de la province ecclésiastique de Kisangani), l’abbé Archange Kampi, « les pères évêques sont préoccupés par la montée en puissance des groupes armés locaux et étrangers dans les provinces. Cette situation dramatique crée un climat d’insécurité caractérisé par un nombre important de pertes en vies humaines sans oublier le déplacement massif de la population, et des destructions de biens publics et privés. Par ailleurs, ils déplorent l’irresponsabilité des autorités politico-administratives devant les cas de tueries à cause de la mauvaise délimitation des parcs de la Lomami et de Garamba », a indiqué le secrétaire permanent de l’ASSEPKIS.

Dans leur communiqué final des travaux, les évêques se disent « choqués par l’exploitation désordonnée et les pillages des ressources naturelles par des étrangers, souvent en connivence avec les autorités locales et cela sans attention à l’impact environnemental et aux besoins de la population riveraine. Aussi, la dégradation des routes qui sont à la base de la flambée des prix et de l’enclavement des provinces et des territoires conduit à la pauvreté de la population ».

Les évêques dénoncent des pratiques immorales dans le secteur de l’éducation. À cela s’ajoute le taux de chômage des jeunes diplômés issus des institutions supérieures et universitaires. Dans ce communiqué final, les évêques ont exprimé leur amertume face à la pratique de la justice populaire, le retour des croyants à l’occultisme, la prolifération des sectes qui sont instrumentalisées par certains politiciens.

Au terme de ces assises de l’assemblée épiscopale, les évêques recommandent :

Aux députés provinciaux et nationaux de voter des lois et édits qui favorisent l’épanouissement du peuple, de contrôler et de sanctionner les gouvernants pour permettre à la population de mener une vie paisible.

Aux gouverneurs des provinces de cesser de collaborer avec les groupes armés en leur fournissant des armes et munitions pour vous enrichir de manière malhonnête. Capitalisez les recettes des provinces pour une gestion rationnelle, transparente, et redevable avec un impact visible pour le bien-être de la population, et travaillez pour l’avènement de la paix afin de permettre aux déplacés de regagner leurs milieux d’origine.

« Aux groupes armés locaux de déposer les armes et de cesser de tuer vos propres sœurs et frères, ne vous laissez pas manipuler par des politiciens et des étrangers. Vous aussi, groupes armés étrangers, arrêtez les massacres, le pillage des minerais, des ressources naturelles et retournez chez vous, retirez vos mains du Congo comme l’a dit le Pape François. »

Aux jeunes, les évêques demandent de s’approprier des valeurs humaines et évangéliques pour devenir des artisans de paix dans la société afin de leur garantir un avenir meilleur par la prière, le travail, le vivre ensemble, le pardon, la réconciliation, l’honnêteté, le service et l’abnégation.

/actualité.cd