La RDC continue à améliorer ses pratiques dans le domaine des droits de l’homme (Bintou Keita)

La cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, intervenant 51ème session Conseil des droits de l’homme sur le dialogue interactif renforcé sur la situation des droits de l’homme en RDC a souligné mardi 4 octobre que la RDC continuait à renforcer son dispositif législatif et à améliorer ses pratiques dans le domaine des droits de l’homme.

Concernant le dispositif législatif, Bintou Keita a cité la promulgation de deux lois importantes portant sur les des droits des personnes vivant avec handicap et sur la protection des droits des peuples autochtones.

Elle a aussi indiqué que la mission qu’elle dirige avait continué d’appuyer les autorités nationales pour la mise en œuvre du processus de justice transitionnelle :

« Dans le domaine de la justice transitionnelle, nous avons continué d’appuyer les autorités nationales pour la mise en œuvre du processus à travers le pays. Les consultations populaires ont été lancées dans sept provinces et les sensibilisations se poursuivent à la fois dans les provinces affectées par les conflits et à l’ouest du pays ».

La cheffe de la MONUSCO a appelé la population à participer aux consultations populaires qui ont été lancées et à exprimer leurs aspirations en matière de vérité, justice, réconciliation et garanties de non-répétition aux réponses durables aux causes des conflits.

Situation préoccupante

Si de solides avancées ont été enregistrées depuis le précédent dialogue au Conseil, a relevé Mme Keita, la situation continue cependant d’être préoccupante ; en particulier en raison de la persistance de l’insécurité dans l’est du pays. La résurgence du M23 – dont les atteintes aux droits de l’homme et violations du droit international humanitaire ont précipité des milliers de Congolais en dehors de leurs maisons – et la persistance des attaques des Forces démocratiques alliées (ADF) au Nord-Kivu et de la CODECO en Ituri sont autant de situations qui continuent de poser des défis considérables, a indiqué la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC.

Elle a d’autre part salué les efforts politiques des chefs d’État des sous-régions d’Afrique de l’Est et des Grands Lacs à travers les processus de Nairobi et de Luanda. La neutralisation définitive de tous les groupes armés et la normalisation des relations entre la République démocratique du Congo et du Rwanda sont les objectifs ultimes de ces efforts, selon la même source.

L’efficacité des actions de la MONUSCO

D’autre part, « alors que nous continuons de soutenir les efforts des autorités dans le domaine de la protection des civils et de la neutralisation des groupes armés, des questions légitimes sont posées sur l’efficacité des actions de la Mission », a ajouté Mme Keita, avant d’estimer qu’une analyse froide et objective devait permettre d’améliorer les interventions en faveur des populations civiles.

Les manifestations violentes enregistrées depuis le mois de juillet – et qui ont causé la mort des civils et du personnel de la Mission – sont une des conséquences directes des discours de haine, de l’appel à la violence et à l’hostilité, a indiqué Mme Keita.

Pour relever les défis sécuritaires que posent les groupes armés à la République démocratique du Congo, il est indispensable d’avoir la cohésion et le soutien des populations. Sans ces derniers, la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO est impossible, a insisté Mme Keita./radiookapi.net