Kasaï Oriental : Les déplacés du conflit Kamwena Nsapu sont dans une situation alarmante

Les déplacés de la guerre de la milice Kamuena Nsapu lancent un cris d’alarme aux autorités tant provinciales que nationales voire les organisations humanitaires à leur venir en aide pendant cette période de crise sanitaire. Ces victimes de guerre plaident pour une assistance en leur faveur. Elles ne savent à quel Saint se vouer. Elles sont arrivées à Mbujimayi entre 2016 et 2017 après avoir perdu les membres de leur famille vu la virulence de la guerre. Parmi ces victimes on trouve une dame qui a mis au monde, pendant la fuite, un quadruple dans la brousse et tous les quatre nourrissons sont décédé suite aux conditions précaires.

 

Des femmes ont vu leur maris être décapités, elles-mêmes violées et des enfants en fuite chacun dans sa direction. Trois à quatre ans à Mbujimayi, ces sinistrés vivent de la mendicité. Depuis qu’ils sont arrivés dans la ville chef-lieu du Kasaï Oriental, les églises étaient leurs demeures. Mais, depuis que ces dernières ont été fermées pour limiter la propagation du corona virus, ces sinistrés passent des nuits à la belle-étoile.

 

« Moi, je suis un Avocat. Je suis habitué à être propre et quand je m’arrange on vois que j’ai de l’argent. Même quand les humanitaires me voient, ils disent que je ne suis pas sinistré. Pour le moment, je vis de la solidarité des amis. Je suis arrivé à Mbujimayi sans même un drap« , a laissé entendre Maître Tshingoma cia Nsaka, avocat auparavant au barreau près la cour d’appel du Kasaï Central. Il résidait à Mwene-Ditu.

 

« Nous n’avons nul endroit où dormir. Nous sommes en souffrance. Tout le monde nous dédaigne parce que nous sommes devenus incapables. On était parti loger dans les églises mais, pendant cette période de confinement, on nous a chassé par toutes les églises » , s’inquiète une victime venue de Mission Muema à Lubondoyi.

 

Par ailleurs, Godéliève Musawo, coordinatrice de l’Asociation pour l’Encadrement des Femmes et Enfants Victimes au Congo, ASSOFEVICO, qui encadre ces sinistrés en leur apprenant les métiers, affirme que ces victimes sont plus de 220 et pour le moment elle n’a pas autres solutions. « Nous savons cultiver, coudre les habits et autres métiers. Avec un financement, ils peuvent se suffire. Que les autorités et ONG se souviennent d’eux » , a-t-elle fait savoir.

 

Guy Mumbiyi/Acturdc.com

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