Crypto-monnaies « avec elles, l’État peut renflouer ses caisses », Maître Gaby Kabue (Interview)

La RDC à l’instar de plusieurs autres pays africains, envisage d’adopter des solutions basées sur la crypto-monnaie et la blockchain. Plusieurs autorités Congolaises sont d’avis que cette adhésion considérée comme étape pionnière pourra propulser l’économie de la RDC. Forme de monnaie virtuelle, caractérisée par l’absence du support physique dans une procédure qui s’effectue de pair à pair, la crypto-monnaie reste tout de même inconnue d’un plus grand nombre de Congolais. Bien que n’ayant aucun cour légal en RDC, ce système est de plus en plus prisé par certains congolais. Quel risque, Quel avantage, Quelle opportunité présente ce système dans l’économie du pays ?, des questions et des réponses avec Maitre Gaby Kabue, expert en crypto-monnaie.

MCP : La RDC est en voie d’intégrer le cercle des pays utilisant les cryptomonaies dans son économie. En des termes simples, c’est quoi les cryptomonaies ?

Gaby Kabue : les crypto monnaies ( bitcoin, bitance coin, USD coin étc) sont des monnaies virtuelles. Elles sont l’expression d’un mouvement libertaire qui rejette le système bancaire traditionnel.

Elles sont développées hors tout contrôle étatique et fonctionnent de manière décentralisée. Elles ne dépendent pas de la banque centrale et leurs valeurs ne dépendent pas des politiques générales des états ou des gouvernements. Mais cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas réglementées. Au contraire, elles sont reglementées parce que les opérations et les transactions se passent à travers la blockchain ( un ensemble d’ordinateurs connectés qui génèrent un registre en temps réel). Elles sont des monnaies purement privées, sans cour légal et sans endossement physique ou financier. Elles sont privées parce que tout le monde peut aujourd’hui créer une cryptomonaie. L’exemple pattant est celui de l’artiste musicien Akon qui a créé une cryptomonaie au Sénégal appelé  » Akcoin ». C’est aussi des monnaies caractérisés par l’anonymat. Contrairement au système bancaire traditionnel où vous devez fournir vos identités avec les cryptomonnaies c’est vraiment l’anonymat.

Une autre caractéristique très importante, les crypto monnaies obéissent à la loi de l’offre et de la demande. C’est la rareté qui définit les prix des crypto monnaies. Elles sont aussi caractérisées par la fluctuation ou la volatilité.

Y a-t-il une différence entre Mygolrev et les cryptomonaies ?

Oui, il y a une différence. MyGold Rêve ne faisait pas le business de Crypto-monnaie mais plutôt la collecte de fonds au public, une opération reservee aux banques. En effet, l’activité de MyGold Rêve violait la loi relative aux établissements de crédit qui régit les banques.

Faute d’une base légale, quels sont les avantages et risques des crypto-monnaies ?

Les crypto-monnaies présentent les ombres et les lumières. Étant donné qu’elles évoluent dans l’anonymat, elles favorisent le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. C’est une activité économique qui présente des opportunités au niveau de l’État et des individus. Avec elles, l’État peut remflouer ses caisses parce que les gens peuvent payer les impôts. En France, par exemple, il y a ce qu’on appelle le prélèvement forfaitaire unique qui est un impôt assimilé aux gens qui se livrent aux activités des crypto-monnaies à titre personnel. L’ État peut aussi se saisir de cette activité pour commencer à imposer ce qu’on appelle les  » minages », une activité qui consiste à vérifier et à contrôler les transactions au travers la blockchain.

Y a-t-il une opportunité d’intégrer les crypto monnaies dans le système économique congolaise ?

Aucun système économique n’est parfait mais je conseille d’abord d’y aller pour saisir les opportunités. Le pays fait face à un faible taux de bancarisation qui avoisine 6% pour une population estimée à plus des 80 millions d’habitants. L’accès au service financier pose un problème dans ce pays. Nous avons un faible taux de croissance économique et sociale donc nous devons d’abord y aller parce que ça peut répondre à un problème malgré les enjeux juridiques qui s’imposent./mediascongo.net