Afrique : le projet Inga 3 est loin d’être une priorité pour la RDC, affirment trois structures de la Société civile

Trois structures de la société évoluant dans le secteur énergétique ont estimé que le projet Inga 3 est loin d’être une priorité pour la République Démocratique du Congo (RDC).

Dans un rapport intitulé « Inga 3: Un prix trop élevé- Une étude des coûts socio-économiques du barrage Inga 3 pour l’Afrique du Sud », la Coalition des organisations de la Société civile engagée dans le suivi des réformes et de l’action publique (CORAP), lnternational Rivers & Womin et Femme solidaire (FESO).

En effet, ce rapport est basé sur des études menées par des experts financiers de la société britannique TMP Systems. Société qui a fourni la première comptabilité officielle des coûts réels pour l’Afrique du Sud de l’importation d’énergie du projet hydroélectrique du barrage d’Inga 3 en République Démocratique du Congo.

Selon les trois structures précitées, les conclusions de ces études sont effrayantes mais claires.

Pour ce consortium de la Société civile, «  l’exploitation de l’énergie hydroélectrique d’Inga 3 serait trop coûteuse et constituerait une véritable catastrophe pour l’Afrique du Sud  ».

L’étude montre que le coût l’importation de l’énergie d’Inga serait trois fois supérieur au coût actuel de la production d’électricité en Afrique du Sud et coûterait plus de 10 milliards de rands par an par rapport aux alternatives facilement disponibles.

« Cette charge supplémentaire pèserait probablement sur les épaules des sud-Africains ordinaires, en particulier les femmes, en raison de l’augmentation des tarifs et des subventions de contribuables à ESKOM », note ce rapport.

À cet effet, la Directrice Afrique à l’International Rivers, Madame Siziwe Mota, a déclaré que « l’Afrique du Sud doit se retirer du traité avec la RDC et embrasser les abondantes ressources solaires et éoliennes locales, au bénéfice de tous les sud-africains ».

Selon les mêmes résultats, le projet Inga ne créerait pratiquement aucun nouvel emploi, alors que des investissements comparables dans les énergies solaire et éolienne permettraient de créer 9096 emplois pour les sud-africains.

« Le rapport met également en garde contre l’insécurité énergétique dans l’avenir de l’Afrique du Sud si les autorités n’agissent pas rapidement pour identifier et investir dans des solutions énergétiques réalistes et rentable », a-t-elle déclaré.

Dans le contexte congolais, ils estiment que Inga 3 ne contribuerait en rien à réduire la pauvreté énergétique, car l’énergie serait exportée ou utilisée par l’industrie, et non pour fournir l’électricité dont les citoyens ont besoin.

Pour le Coordinateur de CORAP, Emmanuel Musuyu, le projet Inga 3 est une mauvaise idée pour les deux pays.

« Le projet Inga 3 est une mauvaise idée pour les deux pays à cause de ses impacts. La RDC doit investir dans des énergies propres et durables tel que l’abondant potentiel solaire et hydroélectrique à petite échelle dont dispose le pays », a-t-il souligné.

Pour sa part, la Coordonnatrice de Femme solidaire, Madame Mignonne Mbombo, a indiqué que « le réservoir d’Inga 3 menace également de déplacer environ 40 000 personnes dont la majorité perdrait à la fois leurs terres et leurs moyens de subsistance ».

« Ce projet aurait beaucoup plus d’impacts négatifs que positifs », a-t-elle martelé .

Face à toutes ces doléances, la structure International Rivers & Womin exhorte les Commissions parlementaires d’Afrique du Sud de demander le retrait immédiat du soutien de l’Afrique du Sud à Inga 3.

En RDC, de nombreuses ONGs travaillent sans relâche pour s’opposer au projet Inga 3 et présente des solutions alternatives d’énergie renouvelable./mediascongo.net

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